L'Etat PS et la V° République

Publié le 8 Janvier 2014

L'Etat PS et la V° République

Si l'on tente de résumer les analyses politiques de la pratique du pouvoir hollandais et la sidération des populations face à une gestion qui perd son camp comme celui d'en face, l'on revient généralement à la figure du rassemblement, du centre, de la discussion raisonnable tout a fait bourgeoise, bref, au fantasme qu'a incarné François Bayrou en 2007 et qu'il a réussi à maintenir en vie pendant le dernier mandat présidentiel jusqu'à son ralliement surprise au vainqueur du Parti Socialiste. Les biographies et commentaires de commentateurs bien informés sur ce qu'est François Hollande reviendront de façon récurrente jusqu'à la fin du quinquennat, d'autant plus fortement que l'absence de colonne vertébrale paraît criante, sans apporter grand chose à la compréhension de la situation dans laquelle se trouve le pays.

Pourtant, il est nécessaire de prendre de la hauteur pour s’apercevoir que malgré tout ce que l'on peut reprocher à François Hollande c'est bien le régime de la V° République et la crise qu'elle a atteint qui sont en cause. La crise généralisée est bien une crise de système et de régime politique, comme la IV°, régime qu'adorent détester les contempteurs du système mis en place par le général De Gaulle.

Deux éléments marquent l'ère politique ouverte par l'accession de Jacques Chirac au pouvoir et l'entrée du parti de Solférino dans l'opposition. Le premier est la victoire idéologique des droites proclamée par François Fillon lors de son accession à Matignon et qui atteint son sommet lorsque le gouvernement "socialiste" parle de "charges sociales", reprenant le vocabulaire libéral et que le ministre de l'économie du même gouvernement dénonce un "matraquage fiscal" issu du même champ lexical. Une continuité logique de la Révolution conservatrice Thatcher-Reagan des années 80 que le Mittérandisme avait quelque peu contenue dans notre pays. En tant que premier secrétaire du PS pendant 10 ans, s'il n'est pas à l'origine de ce glissement libéral Hollande l'a néanmoins cautionné.

Le second élément, que l'on voyait venir durant les 10 années de droite au pouvoir, c'est l'établissement d'un Etat PS, au même titre que l'Etat gaulliste des années 60, contrôlant tous les organes et strates de l'Etat. Or ne soyons pas naïfs de croire que quelque parti que ce soit puisse résister aux démons politiques dans une telle situation d'hégémonie. Tous les commentateurs politiques de l'histoire ont toujours défini la démocratie par l'existence de contre-pouvoirs. Sans rien nier des responsabilités idéologiques des dirigeants solfériniens actuels comment peut-on encore défendre une Constitution qui autorise de telles situation? Simplement car la Loi fondamentale du général visait cet Etat fort et n'a jamais proclamé autre chose que le centralisme d'un pouvoir éclairé. Lorsque le monarque n'est plus éclairé, le régime chute. C'est ce qui est train de se passer.

Que des détracteurs de ce régime tels que Montebourg finissent par se mouler dedans n'est pas très surprenant. C'est pourquoi il est urgent d'en finir avec ce Régime monarchique et de proclamer la Constituante. Ce serait la seule et unique façon pour François Hollande de sauver son quinquennat et son parti. Mais peut-on demander à un androïde de déboulonner la machine qui l'a créé?

Rédigé par Sofiène Boumaza

Publié dans #Politique, #constitution

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